On parle d'orage de neige lorsqu'un Cumulonimbus produit des précipitations sous forme majoritairement neigeuse jusqu'en plaine et qu'est observée simultanément une activité électrique (qu'elle soit intra-, inter- ou extranuageuse).

Centre de Nîmes en début de nuit du 7 au 8 mars 2010, témoignant des épaisseurs de neige générées par un épisode neigeux instable crédit photo : (c) Vincent LHERMET

Un phénomène relativement rare

Les orages de neige sont des phénomènes relativement rares, car ils nécessitent la présence d'une masse d'air très froid dans toute l'épaisseur de l'atmosphère. Or, les profils atmosphériques très fortement refroidis jusque dans les basses couches (masse d'air polaire maritime, voire arctique) ne sont pas aussi propices à une convection forte et profonde que les profils associés à des masses d'air d'origine océanique ou tropicale. 

Dans ces conditions, c'est généralement la présence simultanée d'une intense advection froide d'altitude (goutte froide) et d'apports d'humidité en basses couches qui permettent la formation de ces orages de neige. Dès lors, les régions proches des littoraux sont les plus exposées, en France, au risque d'orage de neige. Classiquement, deux situations s'y prêtent plus particulièrement en France : les traînes actives en flux polaire, et les systèmes perturbés froids et instables.

 

Traînes actives en flux polaire

Les traînes actives en flux polaire de secteur NNO à NE, qui peuvent alors produire classiquement des orages de neige du Nord - Pas de Calais à la Normandie. Ces régions sont climatiquement propices aux orages de neige, par leur caractère septentrional d'une part, qui les expose aux masses d'air les plus refroidies lors des "coulées polaires", et par la proximité de la mer du Nord et de la Manche d'autre part, qui assurent une forte humidification des basses couches.

 

Systèmes perturbés froids et instables

Les systèmes perturbés froids et instables, qui exigent, pour prendre un caractère orageux, des forçages importants dans les basses couches, afin d'exploiter l'instabilité potentielle généralement présente dans les couches moyennes de l'atmosphère au cours de ces situations. Le sud du pays est alors mieux positionné pour ce type d'épisode, notamment parce que les advections douces de basses couches y sont favorisées par la mer Méditerranée. C'est ce contexte qui a prévalu lors de l'épisode des 7 et 8 mars 2010. 

Il est intéressant de noter que l'hiver 2010 aura connu plusieurs cas d'orages de neige, comme les orages de neige du 31 janvier 2010 en Seine-Maritime par exemple, et ainsi remis à l'actualité des phénomènes devenus très rares ces dernières années, mais qui méritent d'être étudiés tant ils présentent des caractéristiques originales. Parmi elles figure une forte proportion d'impacts de foudre positifs et, pour certains d'entre eux, surpuissants et destructeurs. La conjonction de sommets nuageux bas et de cisaillements vitesse généralement forts tendraient à expliquer un décalage latéral des charges électriques positives au sein des orages de neige.

 

Ailleurs dans le monde

L'étude et la climatologie des orages de neige est relativement peu fournie de par le monde. Néanmoins, il apparaît que ce phénomène n'est pas exceptionnel en Amérique du Nord, notamment dans la région des Grands Lacs, aux confins des Etats-Unis et du Canada. 

Plus original : aux latitudes tropicales, le cyclone Hudhud s'est illustré par la tempête de neige à composante convective qu'il a provoquée sur l'Himalaya, et notamment sur le massif des Annapurnas, le 14 octobre 2014. Une cinquantaine d'himalayistes, randonneurs et sherpas ont été tués lors de cet épisode.