Malgré des orages assez fréquents ces dernières semaines, l’activité orageuse observée sur la France tend à présenter des intensités moins sévères qu’à l’ordinaire.


2019 : une année peu instable pour le moment

Si l’on dresse le bilan de l’instabilité en France depuis le 1er janvier, c’est un déficit généralisé qui ressort en toutes régions. De fait, comme l’illustre la carte ci-dessous, l’instabilité latente présente un écart négatif de 20 à 30% en moyenne sur la plupart des départements (-23% en moyenne France). Il faut remonter à près de vingt ans en arrière (2002) pour trouver un début d’année plus stable.


Dans le détail, les mois de janvier, février et mars ont été tous les trois plus stables que la normale à échelle nationale, avec un déficit de 42% en janvier, de 49% en février et de 48% en mars. Seul le mois d’avril a présenté une anomalie positive d’instabilité moyenne (+24%). Au total, c’est le département du Cantal qui affiche le déficit d’instabilité le plus sensible depuis le 1er janvier (-34%).


Un début de mois de mai déficitaire

Malgré le sursaut d’instabilité constaté en avril, c’est de nouveau une tendance anormalement peu instable qui a repris le dessus durant la première décade de mai sur la France. Même si des orages ont évolué fréquemment sur notre pays ces dix derniers jours, ce sont pour l’essentiel des situations orageuses de masse d’air froid qui ont généré ces orages, dans des contextes d’instabilité peu marquée. Par conséquent, les orages n’ont été que rarement de forte intensité, et se sont surtout accompagnés de phénomènes davantage typiques des mois de mars et d’avril (brèves averses, chutes de petite grêle parfois abondantes, bourrasques de vent dispersées,…).

On note sur la carte ci-dessous que cette anomalie stable a concerné une grande partie de l’Europe de l’ouest. Certaines portions du Canada, de la Chine, de l'Inde ou encore de l’Australie ont connu un début de mois mai anormalement stable également. A l’inverse, un excès d’instabilité a entre autres concerné une grande partie sud et est des Grandes Plaines des Etats-Unis, où les dernières semaines ont de fait été marquées par des épisodes orageux répétés et violents.



Peu d’orages violents en vue pour le moment

Ordinairement, le risque d’épisode orageux violent s’accentue nettement à partir du mois de mai. Entrent notamment dans cette catégorie les orages producteurs de grêlons de plus de 5 cm de diamètre et/ou de rafales supérieures à 120 km/h. Les pressions exceptionnellement élevées observées en ce début de semaine sur le nord de la France vont toutefois maintenir des conditions globalement peu instables ces prochains jours. L'anomalie stable devrait donc continuer de s'accentuer cette semaine.

En fin de semaine et surtout le week-end prochain, l’activité orageuse devrait néanmoins reprendre sur la France. Mais, comme le montre le graphique ci-dessous (prévision expérimentale à long terme des risques orageux violents), la probabilité d’épisode orageux sévère est pour le moment prévue marginale. La semaine suivante pourrait s’avérer assez instable néanmoins, avec quelques signaux plus marqués pour les 24 et 25 mai et une probabilité d'épisode sévère prévue marginale à faible. Mais cette perspective est encore lointaine et la probabilité reste peu significative pour le moment à cette échéance.