Des orages violents ont occasionné de nombreux dégâts sur un grand quart sud-ouest de la France le 4 juillet. 

Violentes supercellules et système orageux venteux sur un grand quart sud-ouest

En début d'après-midi, des orages forts se sont développés le long d'un axe de convergence de la Gironde au Limousin. Plusieurs structures possiblement supercellulaires, identifiables à leur empreinte radar, ont généré de fortes chutes de grêle, comprises entre 2 et 3 cm de diamètre :


Photos de Dany Paltor-Guérin

Parallèlement, des orages isolés, également forts, ont éclaté plus au nord, entre Bourgogne et nord-est de la France, sous la forme de monocellules actives et grêligènes, comme ici en Côte-d'Or :


En deuxième partie d'après-midi, d'autres orages violents ont éclaté localement sur le Puy-de-Dôme, la Loire, la Haute-Marne ou la Côte-d'Or. Ils ont là aussi produit de fortes chutes de grêle.

Parallèlelement, l'activité convective s'est accentuée par l'Aquitaine avec la constitution très rapide d'un vaste système orageux venteux et linéaire (rafales relevées de 100 à 120 km/h). 
En bordure, des orages virulents, producteurs de grêle ont rapidement éclos notamment sur le Massif-Central et du sud Aquitaine à l'ouest de Midi-Pyrénées avec de fréquentes structures supercellulaires qui ont produit des chutes de grêle destructrices, parfois proches de 8 cm de diamètre. Sur la Charente, les dégâts sont très importants, plus de 800 maisons ont été durement touchées par la grêle :


Photo La Charente Libre


Photo Benjamin Warthon en Charente


Photo La Charente Libre


Photo La Charente Libre


L'animation radar ci-dessous montre l'évolution de la situation orageuse, qui a démarré très tôt. On identifie plusieurs structures supercellulaires, sur la Charente, le sud de la Corrèze et le Cantal, le nord du Gers, les Pyrénées-Atlantiques, le nord des Hautes-Pyrénées et le sud de la Haute-Garonne notamment. Ces noyaux très actifs mais isolés ont évolué en bordure du système orageux très vaste qui s'est ensuite mis en place :


Image Météo-France


Au passage de ces orages violents, les rafales suivantes ont été mesurées :
- 121 km/h à Saint-Martin-de-Fressingeas (24)
- 116 km/h à Saint-Martial (24)
- 112 km/h à Coulounieix-Chamiers (24)
- 106 km/h à Saint-Yrieix-la-Perche (87)
- 105 km/h à Lège-Cap-Ferret (33)
- 104 km/h à Salignac-Eyvigues (24)
- 100 km/h à Peyrelevade (19)
- 99 km/h à Nespouls (19)
- 97 km/h à Lauzerte (82)
- 96 km/h à Rioux-Martin (16), Uzerche (19) et Saint-Emilion (33)
- 95 km/h à Agen (47)
- 91 km/h à Bordeaux-Mérignac (33)
- 90 km/h au Montat (46),  à Maurs (15), à Lurcy-Levis (03)


Les orages se sont généralisés au sud-ouest et au Massif-Central en fin de journée en évoluant progressivement en un vaste système orageux frontal, avec le creusement d'une dépression aussi bien en surface qu'à l'étage moyen sur le nord de Midi-Pyrénées en direction du Massif-Central.
En bordure de ce système, de nouvelles supercellules sont parvenues à se développer sur le piémont pyréneen, avec des chutes de grêle de 3 cm de diamètre.

Au total, jusqu'à plus de 200 000 foyers ont été privés d'électricité suite à cette vague orageuse. Un homme a trouvé la mort suite à une chute d'arbre en Corrèze


Un contexte très favorable aux orages violents

La situation synoptique de ce 4 juillet était très favorable à l’occurrence d'orages violents, comme on rencontre quelques fois par saisons.
Pilotée par un thalweg d’altitude positionné sur le proche Atlantique, une anomalie basse de tropopause a rapidement migré en journée depuis le Portugal vers le Golfe de Gascogne et induit une accélération du courant-jet entre Espagne et Alpes, puis sa déformation et sa cassure le long d’un axe Aquitaine – Auvergne. 
Cette configuration de sortie gauche / entrée droite de jet très diffluente s'est superposée à un renforcement de la convergence de basses couches entre Aquitaine, Massif Central et Bourgogne. 
L'animation ci-dessous met en évidence cette cassure de jet très dynamique sur le sud-ouest du pays :




Dans le même temps, les profils verticaux étaient à la fois très cisaillés (10-15 m/s en profondeur) et très instables, avec des indices de soulèvement parfois inférieurs à -10K (soit une valeur remarquable signe d'une instabilité très importante), ce qui a rendu possible le développement de supercellules grêligènes :


Indices de soulèvement (SBLI) observés en début d'après-midi


Photographies : 

Les clichés de cette journée du 4 juillet sont présentés ci-dessous :