Une nouvelle tempête a généré des rafales de vent exceptionnelles sur la Bretagne au matin du 6 mars. Dans le centre et l'est du pays, des orages très venteux ont éclaté.

Des rafales de vent exceptionnelles en Bretagne

Une violente tempête associé à une dépression très active est entrée par le Finistère en tout début de matinée. La dépression responsable de vents très violents a abordé le nord Bretagne avant de gagner le nord de la région Centre en mi-journée.
L'imagerie satellite vapeur d'eau a permis de mettre en évidence le développement d'un courant-jet d'occlusion (sting jet) qui a occasionné des vents extrêmes sur le Finistère. La trace de ce sting jet en forme de "queue de scorpion" est identifiable en jaune sur l'animation ci-dessous au nord immédiat de l'intrusion d'air sec (couleur bleutée).


Evolution de la tempête depuis la fin de nuit du 6 mars - NRL


Au passage de la tempête, il a été relevé 193 km/h à Camaret-sur-Mer (record absolu), 190 km/h à Ouessant (record absolu), 180 km/h à Groix (56), 170 km/h à la Pointe du Raz, 165 km/h à Plougonvelin ou 136 km/h à Brest et 133 km/h à Rostrenen (22). Le Finistère a été le département le plus touché, avec plus de 120 km/h dans l'intérieur et plus de 190 km/h sur les caps exposés.
On notera qu'aussi bien à Ouessant qu'à Groix, les vents moyens sur 10 min ont excédé 118 km/h, soit la force ouragan (force 12 Beaufort).

La vidéo ci-dessous illustre la violence du vent avec de multiples powerflashs sur les lignes électriques à Brest. En Bretagne, près de 200.000 foyers ont été privés d'électricité.




En progressant vers le sud-est, les vents violents ont ensuite touché les Pays de la Loire (109 km/h à Nantes, 119 km/h à Royan ou 102 km/h à Angers) mais également le Poitou et le Limousin avec 100 à 125 km/h dans l'intérieur des Charentes.


Des orages très venteux sur le centre et l'est du pays

Au sein d'un front froid en développement, l'activité orageuse s'est intensifiée en fin de matinée entre le sud du Centre, l'Auvergne, la Bourgogne et les Alpes. Des structures orageuses circulant très rapidement ont généré localement de violentes rafales de vent avec notamment 130 km/h à Saint-Gervais-d'Auvergne (63), 120 km/h au sud-est de Moulins (03) ou 103 km/h à Ourouer (58). Sur le relief, le vent a atteint près de 160 km/h sur les crêtes du Forez.

Les orages se sont également multipliés de la Saône-et-Loire au Jura et de l'est du Massif-Central aux Alpes. De virulents systèmes convectifs ont notamment balayé les Alpes, produisant des rafales remarquables et de nombreux dégâts : 144 km/h sur l'aéroport d'Aix-les-Bains (73), 131 km/h à la Chapelle-Saint-Maurice (74), 106 km/h à Usinens (74).

Depuis le département de l'Ain, Brice Volo a observé le passage des orages dans la région de Bourg-en-Bresse :




Dans ce même département, les orages très venteux ont parfois généré de gros dégâts, comme ici à Drom (photo Buck Rogers) :





L'image radar ci-dessous montre l'évolution de la dégradation, avec un centre dépressionnaire qui entre par le nord Bretagne et se décale vers le sud-est. Dès la mi-journée, des cellules orageuses se développent immédiatement à l'avant de l'anomalie d'altitude :





Ainsi, de la Bretagne à la Corse, la tempête a généré des rafales de vent très importantes sur une diagonale de plus de 1000 km, privant 600.000 foyers d'électricité, une première depuis les tempêtes de 1999 : 


Rafales maximales relevées par les stations synoptiques (réseau principal)