Une virulente dépression balaie le nord de la France les 12 et 13 janvier avec de violentes rafales, des orages, de la pluie et de la neige.

Une dépression explosive qui produit de violentes rafales

La dépression Egon était pilotée par un profond thalweg d'altitude associée à une anomalie de basse tropopause particulièrement dynamique qui a circule de la Bretagne à la Belgique puis qu nord-est de l'Allemagne. En plus de 12h, la dépression a balayé un axe Cherbourg-Lille-sud de Berlin avec un creusement jusqu'à 980 hPa au minimum en France.
L'animation vapeur d'eau ci-dessous illustre le creusement explosif de la dépression :




Les valeurs de vent relevées sont remarquables voire pour certaines exceptionnelles. A Caen (14), les 131 km/h représentent la plus forte valeur de vent depuis la tempête de décembre 1999. Il s'agit par ailleurs d'un record mensuel. On notera que la valeur de 10 Beaufort a été atteinte sur cette station avec un vent moyen sur 10 min atteignant 90 km/h.
A Dieppe (76), il s'agit de la valeur la plus élevée mesurée en janvier. Les 146 km/h restent toutefois derrière les 155 km/h relevés dans un contexte orageux en juillet 1987.

Une multitude de rafales comprises entre 110 et 130 km/h voire localement 135 km/h en Picardie (Somme et Oise) ont été enregistrées. Quelques unes de ces valeurs sont reportées ci-après :




Dans l'occlusion de cette perturbation, des chutes de neige, parfois fortes ont été observées. Un manteau neigeux significatif s'est constitué entre Belgique et Allemagne mais quelques cm ont pu être relevés côté Nord-Pas de Calais. Quelques coups de tonnerre ont par ailleurs été détectés au passage de l'occlusion.
Le front froid comme la traîne à l'arrière ont également présenté un aspect orageux ponctuel. On constate clairement le caractère très localisé des orages :





Retrouvez ci-dessous le suivi de la situation météorologique effectué le 12 janvier :


12 janvier 21h - Vents de 120 à 140 km/h en Picardie

A 23h, le centre dépressionnaire est entré sur la Belgique. Il a transité entre Lille et Valenciennes avec une pression minimale autour de 980 hPa. A l'arrière, comme prévu, le temps est très neigeux dans l'occlusion et parfois orageux, quelques éclairs sont détectés entre nord Picardie et Pas-de-Calais.

Les vents les plus violents se poursuivent en se décalant de l'intérieur de la Picardie aux Ardennes. Les rafales atteignent très fréquemment 120 à 140 km/h sur la région Picardie, aussi bien sur la côte de la Somme que dans l'intérieur des trois départements. Les violentes rafales vont gagner les Ardennes puis la Lorraine en baissant légèrement d'intensité.

L'activité orageuse associée à la traîne de la Bretagne à l'ouest de la Normandie reste sporadique mais s'accompagne localement de fortes rafales de vent, de grésil et/ou de neige. Ce régime de traîne va s'étendre dans la nuit sur le quart nord-ouest du pays.

Un bilan de cet épisode sera dressé en matinée de vendredi 13 janvier.


12 janvier 21h - Virulent courant-jet d'occlusion sur la Normandie

La signature satellite vapeur d'eau de la dépression Egon devient particulièrement significative ce soir avec la constitution d'un courant-jet d'occlusion (sting jet) virulent sur le flanc sud-ouest de la dépression.
On observe une intrusion sèche particulièrement marquée et nette. La dépression présente toutes les caractéristiques d'une dépression explosive (communément appelée "bombe météorologique").
La pression s'abaisse jusqu'à 983 hPa à Dieppe (76) avec des rafales à 146 km/h. L'axe Normandie/Picardie est à présent visé par les rafales les plus extrêmes.




On note par ailleurs une présentation radar très explicite avec un enroulement marqué. Il neige sur le flanc nord-ouest de la dépression avec l'intrusion rapide d'air froid. La traîne active, qui s'étend de l'Irlande à la Bretagne est également neigeuse.





12 janvier 18h - Jusqu'à 135 km/h en ce début de soirée

La dépression continue sa progression en Manche et se creuse encore. Ainsi, le fort gradient de pression se développe sur l'ouest de la Normandie où des rafales de 100 à 135 km/h sont relevées, parfois même dans l'intérieur des terres (notamment sur le centre du département de la Manche).




Des orages se développent, au sein même du front froid entre Calvados et Orne où des rafales de vent de 110 km/h sont relevées localement sur ces deux départements. La traîne s'active par ailleurs sur la Bretagne avec des averses productrices de grésil voire de neige puisque le mercure est en chute.
Au cours des toutes prochaines heures, Egon va poursuivre son creusement jusqu'au Nord-Pas de Calais. Le gradient de pression devrait encore se renforcer sur son flanc sud-ouest, notamment de l'est de la Normandie aux Hauts-de-France où des rafales à 130/140 km/h sont envisageables ponctuellement, y compris dans l'intérieur.

Le retour d'occlusion qui commence à se distinguer sur l'imagerie radar va par ailleurs devenir neigeux en soirée par le Pas-de-Calais. Enfin, la traîne va s'étendre et s'amplifier par la Bretagne.



12 janvier 16h - 994 hPa sur la pointe du Cotentin, fortes rafales en Bretagne

La dépression Egon poursuit son creusement. A 16h, une pression de 994 hPa était relevée à la pointe de la Hague, conformément aux prévisions des modèles les plus pessimistes.
Des rafales de 130 à 135 km/h sont relevées sur le Finistère, en zone littorale et sur les caps. Ces valeurs ont été relevées après le passage du front froid, la Bretagne étant soumise à la traîne et à un fort refroidissement.
L'anomalie de basse tropopause est matérialisée par une virulente intrusion d'air sec, comme en témoigne l'image satellite vapeur d'eau :





12 janvier 13h - la dépression se creuse au large de la Bretagne

Un virulent système dépressionnaire se creuse en ce début d'après-midi au large de la Bretagne. Il est associé à un thalweg d'altitude très dynamique drainant une masse d'air polaire. L'image satellite ci-dessous montre bien l'évolution du thalweg en creusement avec l'advection très froide en altitude (matérialisée par les teintes rougeâtres) :




Les températures prévues vers 5000 m d'altitude devraient s'abaisser remarquablement jusque vers -40°C (au niveau 500 hPa). Au passage du front froid, des rafales convectives marquées sont attendues sur une bonne moitié nord de la France.
Entre la Normandie, les Hauts-de-France, la Lorraine, la Belgique et l'Allemagne, la constitution d'un sting jet n'est pas exclue ce soir et la nuit prochaine entre Hauts-de-France et Benelux. Ainsi, sous la tête d'onde, des chutes de neige localement fortes associées à de puissantes rafales de vent sont envisageables.

L'animation ci-dessous permet de visualiser le creusement de la dépression à son arrivée sur les Hauts-de-France, jusqu'à la région de Berlin d'ici la fin de nuit prochaine :




Après le passage du front froid, une advection d'air très froid va se produire en altitude, contribuant à déstabiliser la masse d'air. Ainsi, des grains orageux parfois bien actifs sont prévus sur les côtes comme dans l'intérieur des terres. Le potentiel venteux restera marqué sur les littoraux et plus localement dans les terres :