La journée du 16 juin 1908 est orageuse sur l'Ile-de-France. Tandis que des précipitations diluviennes frappent l'ouest et le sud de la région, une violente macrorafale provoque d'importants dégâts à l'est de la capitale. On compte un mort et plusieurs blessés.

Inondations et vents violents

Après quinze jours de temps sec et de températures chaudes, l'orage gronde sur la capitale le 16 juin 1908 dès 17 heures. Le phénomène atteint son paroxysme entre 18h15 et 18h30; il s'accompagne par ailleurs d'une brusque chute des températures.  

A Paris, l'orage n'a pas provoqué de dégâts significatifs. En revanche, des inondations sont signalées à Meudon, Sèvres, Versailles, Chaville, Montataire et Corbeil. Surtout, des rafales de vent destructrices sont observées à l'est immédiat de la capitale, entre Alfortville et Montfermeil.
 

Rafales destructrices à l'est de Paris

Sur un parcours d'environ 15 kilomètres de longueur et de quatre kilomètres de largeur, du sud-ouest au nord-est, une macrorafale provoque d'importants dégâts.

Quantité d'arbres sont déracinés, sciés à mi hauteur, ou fendus à Créteil, Maisons-Alfort, Alfortville, sur l'île de Charenton, à Saint-Maurice, à Joinville-le-Pont, au bois de Vincennes, à Vincennes et au Raincy.

A Charenton, quai des Carrières, plusieurs caravanes de forains sont renversées et brisées par le vent. A Montfermeil, un logement de fortune s'écroule sur une famille de quatre personnes. A Maisons-Alfort, un tramway heurte un arbre renversé sur la voie et l'accident blesse plusieurs voyageurs. Le clocher de l'église est descellé. Enfin, un cocher au service d'un restaurateur du Plateau de Gravelle est atteint mortellement à la tête par un arbre déraciné par le vent.  

Enfin, un grand nombre de fils de tramways ont été détachés de leur support.

Galerie photographique

L'orage du 16 juin 1908 a fait l'objet d'une importante médiatisation. De nombreuses cartes postales illustrent la violence du phénomène, surtout au niveau de l'île de Charenton qui a été saccagée:
 
                 
 
               
 
                 
 
                 
 

Contexte météorologique du 16 juin 1908

Un profond thalweg se positionne sur le proche Atlantique et pilote un rapide flux de sud-sud-ouest sur l'ensemble de la France. Une masse d'air tropical remonte jusqu'en Allemagne. La situation est propice à des développements d'orages organisés et producteurs de fortes rafales de vent.

Le 16 juin 1908, à Paris-Montsouris, la température maximale atteint 28,5°C*.

 
 
 
 

Coupure de presse

Parmi les nombreux articles de presse consacrés à l'événement, nous pouvons extraire un passage du Petit Parisien daté du 17 juin 1908:
 
UN VÉRITABLE DÉSASTRE

Un violent orage s'est abattu hier sur la région de Paris

Si, dans la capitale, aucun accident n'a été signalé, il n'en fut pas de même en banlieue, où on compte plusieurs victimes.

Un violent orage s'est abattu, hier, sur Paris et la région. Il était prévu par les météorologistes.

Depuis quinze jours, en effet, nous dit-on à l'observatoire de la tour Saint-Jacques, le temps était trop sec. Ces jours derniers, la température était devenue trop lourde. Enfin des dépressions barométriques s'étaient produites.

EN BANLIEUE

En banlieue, et même dans un périmètre assez éloigné de Paris, l'orage a sévi avec une violence inouïe, causant, un peu partout, des dégâts assez graves et même des accidents.

A Joinville, Maisons-Alfort, Créteil, Alfortville, on signale également d'importants dégâts.

Sources

Les données suivies d'un astérisque proviennent du Bureau Central Météorologique.