L'année 2017 s'est révélée peu orageuse par rapport à la moyenne de ces 8 dernières années autant au niveau de la fréquence que de l'intensité des orages en France. Bilan complet.


Arcus dans les Ardennes le 15 août 2017 - Sébastien LUA

232 jours avec orage en France en 2017

Au niveau national, on dénombre 232 jours avec orage en 2017, soit une valeur relativement basse, mais loin du record de 204 jours en 2015. 63.5% des journées de l'année ont ainsi été marquées par au moins un orage sur la France. Ces valeurs sont inférieures aux moyennes de ces 8 dernières années.
 
Comme en 2014, 2015 et 2016, aucun département n'atteint la barre des 100 jours avec orage sur l'ensemble de l'année. C'est de manière originale dans l'extrême sud-ouest que l'activité orageuse a été la plus fréquente en 2017. Ainsi, 78 jours d'orage sont comptabilisés dans les Pyrénées-Atlantiques. C'est la première année depuis 2009 que ce n'est pas un département méditerranéen qui est numéro 1. Cette valeur sur les Pyrénées-Atlantiques représente tout de même un déficit de 4 jours par rapport à la moyenne 2009-2016. 74 jours d'orage ont été comptabilisés dans les Alpes-Maritimes (soit un remarquable déficit de 14 jours par rapport à la moyenne 2009-2016). 

De manière conforme à la climatologie, ce sont les départements du nord-ouest de la France qui comptent le plus faible nombre de jours avec orage en 2017. Hormis Paris, la petite couronne et le Territoire de Belfort, dont le chiffre est à considérer en regard de leur très faible superficie, c'est le département du Finistère qui ressort avec le nombre de jours avec orage le plus faible (23 jours, soit 6 jours de moins qu'en 2016). On notera toutefois le très faible score des Bouches-du-Rhône avec seulement 32 jours d'orage et un extraordinaire déficit de 22 jours.

Par rapport à la moyenne de ces 8 dernières années, on relève des excédents significatifs mais ponctuels dans le nord-est ou près de la Manche avec jusqu'à 11 jours d'orage en plus dans la Marne ou en Meurthe-et-Moselle
Les déficits les plus marqués se retrouvent incontestablement près de la Méditerranée où l'année a été exceptionnellement calme. On comptabilise en effet jusqu'à 29 jours d'orage en moins par rapport à la moyenne 2009-2016 sur la Corse-du-Sud !




 
 

57 jours avec orages forts, une valeur en nette baisse par rapport à 2016

La France a connu cette année quelques épisodes orageux significatifs. On notera toutefois qu'en raison d'orages peu nombreux durant l'été, les orages intenses ont essentiellement été relevés hors saison estivale (automne, fin de printemps). 

Sur l'année, la France comptabilise 57 jours avec orage fort (soit 8 jours de moins qu'en 2016), 18 jours avec orage violent (valeur en légère hausse par rapport à 2016) et 1 jour avec orage extrême.

Les trois premières cartes présentent la répartition géographique de ces occurrences. La carte en bas à droite montre quant à elle la proportion du nombre de jours avec orage au moins fort par rapport au nombre total de jours avec orage. Il ressort ainsi que le centre-est du pays ont subi des proportions d'orages virulents significatives. Le rapport y dépasse les 15%.

 

L'analyse de l'indicateur de sévérité orageuse (I.S.O) montre clairement que plusieurs vagues orageuses intenses ont concerné la France durant cette année. L'activité la plus significative a été relevée durant la première partie de l'été. La fin de l'été s'est montrée peu orageuse, aussi bien au niveau de la fréquence que de l'intensité des orages (surtout le mois d'août).

Au niveau national, l'I.S.O moyen annuel ressort à 2,24, soit une valeur en baisse par rapport à l'année 2016 et qui se place au-dessous de la moyenne 2009-2016 qui s'établit à 2,35. 
 
 

Graphes des ISO annuels (à gauche) et des ISO quotidiens en 2016
 
 

De fortes chutes de grêle peu nombreuses, des pluies intenses plus fréquentes

18 tornades certaines (liste 1) ont été recensées en 2017, contre 15 en 2016 et 12 en 2015. On relève par ailleurs près de 297 rafales convectives > 90 km/h (-30% par rapport à 2016), environ 900 chutes de grêle > 2 cm (+30%), plus de 480 lames d'eau significatives sous orages (niveau en forte baisse par rapport à 2016) et plus de 135 dégâts significatifs dus à la foudre (stable  par rapport à 2016).
 
Les cartes ci-dessous (vert : fortes chutes de grêle, jaune : rafales convectives > 90 km/h, bleu : pluies intenses, rouge : dégâts dus à la foudre) présentent la répartition géographique de chaque phénomène observé. Les tornades seront traitées dans un bilan dédié. Elles ne figurent donc pas dans le présent bilan.

Comme l'année dernière, on ne note pas de franche prédominance de l'axe sud-ouest / nord-est pour ce qui concerne les chutes de grêle et les événements venteux. Les régions du centre-est ont toutefois été plus touchées par la grêle notamment alors que le nord-ouest et plus encore le sud-est ont été bien épargnes. La répartition spatiale des événements pluvieux intenses est typiquement plus fortement représentée sur les régions méditerranéennes mais bien en-deçà des années précédentes.






Une année plus instable que la normale, sauf en Bretagne et en Corse

L'année 2017 a été plus instable que la normale sur la majeure partie de l'Europe de l'ouest et du nord, et la France ne fait pas exception dans ce domaine. L'instabilité a toutefois été nettement plus excédentaire encore sur les régions polaires, ainsi que sur toutes les régions équatoriales qui s'étirent du Golfe du Mexique et des Caraïbes jusqu'au Mali et au sud du Soudan (voir la carte ci-dessous à gauche).

Au niveau national, l'instabilité a été plus particulièrement excédentaire sur les régions du centre-est pour la deuxième année consécutive, avec une MUCAPE parfois supérieure de 50% aux valeurs normales entre Bourgogne et Franche-Comté. Ailleurs en France, l'excédent est plus modéré (+10 à +30%), et seules la Bretagne et la Corse ressortent avec une instabilité moyenne légèrement déficitaire.

Au total, l'année 2017 a été plus instable que l'année 2016 en France et se place au 11ème rang des années les plus instables depuis 1950 ; elle constitue par ailleurs la 7ème année consécutive avec instabilité excédentaire sur notre pays. Il faut en effet remonter à 2010 pour observer une instabilité moyenne inférieure aux normales 1981-2010.








Le graphique ci-dessous présente l'évolution quotidienne de l'instabilité en France durant l'année 2017. Les pics d'instabilité ont été notamment observés en juin (plus fort excédent annuel), juillet et fin août. Les mois de mars, mai, juin, juillet, août et décembre ont présenté une instabilité plus forte que la normale, soit une répartition à 50/50 entre les mois déficitaires et les mois excédentaires.


 
 
Sur un plan thermique, la majeure partie de l'Europe et des régions environnantes ont enregistré un excès de chaleur en 2017, autant dans les basses couches (vers 1500 mètres ci-dessous à gauche), qu'en altitude (vers 5500 mètres ci-dessous à droite). L'écart à la normale a été plus particulièrement excédentaire aux latitudes polaires, sur l'Amérique du Nord, aux abords de l'Himalaya et des Canaries à l'Andalousie. On note à l'inverse un déficit aux abords de la Finlande, et plus sensiblement entre Libye et Sicile :


Sur un plan dynamique, on note des pressions en moyenne plus élevées que la normale de l'Europe de l'ouest à l'Islande. Cette anomalie anticyclonique a concerné l'ensemble de la France et a conduit à des dégradations actives relativement peu fréquentes.
Dans le même temps, le courant-jet s'est positionné à des latitudes un peu plus au nord que d'habitude, ce qui a conduit à des situations en moyenne plus dynamiques sur le nord de l'Europe et à l'inverse moins actives sur le sud de la France :