L'hiver 2016-2017 a été normal au niveau thermique à l'échelle de la France. Les orages observés durant les trois mois de l'hiver météorologique ont été répartis sur janvier et février et se sont parfois révélés forts au passage de traînes venteuses.


Le massif Notre-Dame-du-Mai (à gauche) avec le fort du Six-Fours (à droite) et Toulon dans le Var au premier plan le 27 janvier 2017 - Photo de Janis Brossard


Un début d'hiver très anticyclonique puis une situation conforme à la moyenne

Sur les trois mois d'hiver, la France compte 30 jours d'orage soit 10 jours de moins que la moyenne 2009-2016. En effet malgré des mois de janvier et février conformes à la moyenne, c'est le mois de décembre qui s'est révélé exceptionnellement anticyclonique et stable et génère à lui seul de déficit saisonnier. 
 
Comme l'hiver précédent, 16 jours d'orage ont été comptabilisés sur la Haute-Corse durant ce trimestre et 13 jours sur la Corse-du-Sud. A contrario, cinq départements (Allier, Haut-Rhin, Territoire de Belfort, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis) n'ont enregistré aucun jour d'orage.
 
Par rapport à la moyenne 2009-2016, c'est sur les Landes et le Finistère que l'anomalie est la plus marquée avec un déficit de 7 jours d'orage. On observe par ailleurs sur les littoraux de l'Atlantique à la Manche et la mer du Nord des anomalies négatives marquées. 
A l'inverse, les régions situées autour de la Méditerranée, jusqu'au sud-est du Massif Central connaissent une anomalie positive, jusqu'à +2 jours d’excédent. Cet aspect est nettement corrélé aux situations synoptiques dominantes de l'hiver, à savoir un contexte bien dépressionnaire sur la Grande Bleue et plus anticyclonique sur le nord du pays. 
 
Les orages ont été ponctuellement forts durant l'hiver. On comptabilise en effet 6 jours avec orage fort et 2 avec orage violent. Les critères ont été remplis en raison de violentes rafales sous orage au passage de traînes tempétueuses.

 

Nombre de jours d'orage (à gauche) et écart à la moyenne 2009-2016 à droite
 
 
 
Si l'on considère l'indice de sévérité orageuse (I.S.O.) moyen de cet hiver, le score ressort à 0,45, soit une valeur assez conforme aux 8 dernières années puisqu'entre 2009 et 2015, tous les hivers ont connu un I.S.O. n'excédant pas 0,50. 


 

Un hiver très peu instable

A échelle nationale, cet hiver 2017 présente un net déficit d'instabilité voisin de 52%, ce qui contraste nettement avec l'hiver précédent, plus instable que la normale. Cet hiver se positionne ainsi en troisième position des hivers les moins instables depuis la fin des années 1940.
 
C'est sur le nord-ouest de la France que le déficit d'instabilité est le plus marqué avec +65 à +70% d'anomalie négative du Finistère au département du Nord. Ce déficit devient moins marqué en allant vers le sud-est du pays avec -30 à -35% du sud-est du Massif-Central à la Provence.



Anomalies de MUCAPE (instabilité)
 
 

Quels régimes de temps ont dominé cet hiver ?

En moyenne, sur ces trois mois, un régime anticyclone a très nettement dominé sur la France. En altitude, les hautes pressions sont restées solidement installées sur la mer du Nord avec une anomalie de géopotentiel considérable. A contrario, les conditions sont restées plus dépressionnaires que la normale sur le centre de la Sibérie, jusqu'à la Turquie et au Maghreb. Cette situation de blocage anticyclonique a contribué à la sécheresse hivernale très marquée sur le nord du pays. 

Si l'on se place à plus haute altitude, vers 10.000 m, on constate une forte anomalie négative du vent zonal de plus de 6 m/s en moyenne sur le bassin méditerranéen. 


Anomalie des géopotentiels à 500 hPa (à gauche) et des vents zonaux à 300 hPa (à droite)
 
 

Un hiver extrêmement doux près du pôle

Les deux cartes ci-dessous présentent l'anomalie de MULI (instabilité de la masse d'air) et de la température à 850 hPa (vers 1.500 mètres d'altitude) durant l'hiver 2017.
 
Au niveau de la température de la masse d'air, la carte ci-dessous à droite met clairement en évidence une anomalie fortement positive de plus de 2°C de l'Ecosse à la Scandinavie vers 1.500 m d'altitude.
Au niveau de la France, l'anomalie est moins significative et ne reflète pas forcément les conditions thermiques au sol en raison de phénomènes d'inversion très fréquents. On note ainsi un excédent à 1.500 m de 1 à 1.5°C au niveau national. 
On notera par ailleurs qu'un déficit thermique très important, lié à des descentes froides récurrentes a concerné l'axe Sibérie/Turquie durant cet hiver. 
 
Avec ces conditions anticycloniques, bien douces en altitude et plutôt sèches, la masse d'air s'est révélée moins instable que la normale sur l'ensemble de l'hiver, sur la majeure partie du continent européen.
 
 Anomalie des MULI (à gauche) et des températures à 850 hPa (à droite)