L'année 2016 s'est révélée conforme à la moyenne de ces 7 dernières années au niveau de la fréquence des orages en France. Néanmoins, l'été a été peu orageux et une bonne partie des orages intenses se sont produits hors saison estivale. Bilan complet.

Orage en Haute Provence le 10 août 2016 (Janis Brossard)

247 jours avec orage en France en 2016

Au niveau national, on dénombre 247 jours avec orage en 2016, soit 43 jours de plus qu'en 2015. 68% des journées de l'année ont ainsi été marquées par au moins un orage sur la France.
Ces valeurs sont très proches des moyennes de ces 7 dernières années.
 
Comme en 2014 et en 2015, aucun département n'atteint la barre des 100 jours avec orage sur l'ensemble de l'année. C'est près de la Méditerranée que l'activité orageuse a été la plus fréquente en 2016. Ainsi, 87 jours d'orage sont comptabilisés en Haute-Corse (soit un excédent de 4 jours par rapport à la moyenne 2009-2015) et 86 jours dans les Alpes-Maritimes (soit un déficit de 4 jours par rapport à la moyenne 2009-2015). 
De manière conforme à la climatologie, ce sont les départements du nord-ouest de la France qui comptent le plus faible nombre de jours avec orage en 2016. Hormis Paris, la petite couronne et le Territoire de Belfort, dont le chiffre est à considérer en regard de leur très faible superficie, c'est le département du Finistère qui ressort avec le nombre de jours avec orage le plus faible (29 jours, soit 10 jours de plus qu'en 2015). 

Par rapport à la moyenne de ces 7 dernières années, on relève des excédents significatifs de la Normandie aux Hauts-de-France avec jusqu'à 13 jours d'orage en plus
Les déficits les plus marqués se retrouvent dans le centre-ouest, ponctuellement près des Pyrénées ainsi qu'en vallée du Rhône. On comptabilise en effet jusqu'à 15 jours d'orage en moins par rapport à la moyenne 2009-2015 sur l'ouest du Massif-Central (Limousin, Vienne).




 
 

65 jours avec orages forts, une valeur en nette hausse par rapport à 2015

La France a connu cette année quelques épisodes orageux significatifs. On notera toutefois qu'en raison d'orages peu nombreux durant l'été, les orages intenses ont essentiellement été relevés hors saison estivale (automne, fin de printemps). 

Sur l'année, la France comptabilise 65 jours avec orage fort (soit 12 jours de plus qu'en 2015), 16 jours avec orage violent (valeur en baisse par rapport à l'année dernières) et 2 jours avec orage extrême.

Les trois premières cartes présentent la répartition géographique de ces occurrences. La carte en bas à droite montre quant à elle la proportion du nombre de jours avec orage au moins fort par rapport au nombre total de jours avec orage. Il ressort ainsi que le nord-est du pays, ainsi que le sud-ouest du Massif-Central ont subi des proportions d'orages virulents significatives. Le rapport y dépasse les 20% et atteint jusqu'à 25% en Haute-Saône

 

L'analyse de l'indicateur de sévérité orageuse (I.S.O) montre clairement que plusieurs vagues orageuses intenses ont concerné la France durant cette année. L'activité la plus significative a été relevée entre la fin du printemps et le début d'été. Le reste de l'été s'est montré peu orageux, aussi bien au niveau de la fréquence que de l'intensité des orages (surtout le mois d'août).

Au niveau national, l'I.S.O moyen annuel ressort à 2,41, soit une valeur en hausse par rapport à l'année dernière et qui se place légèrement au-dessus de la moyenne 2009-2015 qui s'établit à 2,33. 
 
 

Graphes des ISO annuels (à gauche) et des ISO quotidiens en 2016
 
 

De fortes chutes de grêle peu nombreuses, des pluies intenses plus fréquentes

En 2016, 15 tornades certaines (liste 1) ont été recensées en 2016, contre 12 en 2015 et 50 en 2014. On relève par ailleurs près de 415 rafales convectives > 90 km/h (-10% par rapport à 2015), environ 667 chutes de grêle > 2 cm (-27%), plus de 2000 lames d'eau significatives sous orages (niveau en hausse par rapport à 2015) et près de 130 dégâts dus à la foudre (en légère baisse par rapport à 2015).
 
Les cartes ci-dessous (vert : fortes chutes de grêle, jaune : rafales convectives > 90 km/h, bleu : pluies intenses, rouge : dégâts dus à la foudre) présentent la répartition géographique de chaque phénomène observé. Les tornades seront traitées dans un bilan dédié. Elles ne figurent donc pas dans le présent bilan.

Contrairement à l'année dernière, on ne note pas de franche prédominance de l'axe sud-ouest / nord-est pour ce qui concerne les chutes de grêle et les événements venteux. Les régions du nord-ouest ont toutefois été plus épargnées par les fortes chutes de grêle cette année. La répartition spatiale des événements pluvieux intenses est typiquement plus fortement représentée sur les régions méditerranéennes, autant à proximité des Cévennes qu'en Corse.






Une année plus instable que la normale, sauf en Bretagne

L'année 2016 a été plus instable que la normale sur la majeure partie de l'Europe, et la France ne fait pas exception. L'instabilité a toutefois été nettement plus excédentaire encore sur les régions polaires, ainsi qu'en Afrique équatoriale durant l'année écoulée.

Au niveau national, l'instabilité a été plus particulièrement excédentaire sur la région Rhône-Alpes, ainsi qu'en Bourgogne et Franche-Comté, avec une MUCAPE généralement supérieure de 25 à 30% aux valeurs normales. Ailleurs en France, l'excédent est plus modeste, et seule la Bretagne ressort avec une instabilité moyenne proche de la norme, voire légèrement déficitaire.

Au total, 2016 a été en France un peu plus instable que l'année 2015 et constitue la 6ème année consécutive avec instabilité excédentaire ; il faut remonter à 2010 pour observer une instabilité moyenne inférieure aux normales 1981-2010.








Le graphique ci-dessous présente l'évolution quotidienne de l'instabilité en France durant l'année 2016. Les pics d'instabilité ont été notamment observés en janvier, avril, juin, fin août, mi-septembre et fin novembre. A l'exception des mois d'octobre et de décembre, particulièrement stables, tous les mois de l'année 2016 ont présenté un excédent d'instabilité plus ou moins marqué. Les mois de janvier, février et juin ont été les plus anormalement instables.


 
 
Sur un plan thermique, l'ensemble de l'Europe et la majeure partie des régions environnantes ont enregistré un excès de chaleur en 2016, autant dans les basses couches (vers 1500 mètres ci-dessous à gauche), qu'en altitude (vers 5500 mètres ci-dessous à droite). L'écart à la normale a toutefois été sensiblement plus remarquable aux latitudes polaires (entre Groenland, nord de la Russie et Alaska) qu'en France :


Sur un plan dynamique, on note des pressions en moyenne plus élevées que la normale le long d'un axe Açores - Scandinavie - Russie. Cette anomalie anticyclonique a concerné la majeure partie de la France, à l'exception des régions du sud-est qui ont connu des tendances dépressionnaires plus fréquentes.

Dans le même temps, le courant-jet s'est positionné à des latitudes un peu plus au sud que d'habitude, ce qui a conduit à des situations en moyenne plus dynamiques près de la Méditerranée que sur le nord de la France :



Faits marquants de l'année 2016

23 et 24 novembre : orages très venteux près de la Méditerranée, tornade dans l'Hérault et orages diluviens en Corse

Une violente dégradation orageuse concerne les régions proches de la Méditerranée avec le passage d'un front froid orageux très venteux. Des rafales estimées supérieures à 120 km/h sont observées. Une tornade d'intensité EF2 s'abat sur Saint-Martin-de-Londres.
En Corse, des orages très pluvieux génèrent de sérieuses inondations. 
 
 
 
 

13 septembre : derecho sur la façade ouest

Après plus de 3 semaines d'un temps stable et exceptionnellement chaud sur la France, les orages ont fait leur retour par l'ouest le 13 septembre. Un système orageux virulent a produit de puissantes rafales de vent sur les régions de l'ouest.

 
 
 

30 et 31 juillet : des orages parfois forts frappent le quart sud-est

Des orages ponctuellement forts ont évolué en cours d'après-midi et de soirée du 30 juillet entre Auvergne et Rhône-Alpes notamment. Des chutes de grêle et quelques fortes rafales de vent isolées ont été observées.
Le lendemain, grêle, fortes pluies et rafales de vent concernent les abords de la vallée du Rhône.

 
 
 

24 juin : supercellules, grêle et fortes pluies entre Auvergne, Rhône-Alpes et Alsace

Des orages parfois virulents concernent un axe centre-est / nord-est de la France durant cette journée. Des structures supercellulaires parfois très esthétiques produisent de fortes chutes de grêle, notamment sur le Lyonnais, ainsi que de fortes pluies. 

 
 
 

23 juin : violents orages supercellulaires sur les Hauts-de-France

Des orages violents ont frappé les Hauts-de-France le 23 juin avec grosse grêle et violentes rafales de vent.
En fin de journée, la convection s'amplifie fortement entre le nord des Yvelines, le Vexin et les Hauts-de-France. Plusieurs supercellules produisent de fortes chutes de grêle atteignant localement 6 cm de diamètre ainsi que de très fortes pluies et des rafales de vent. 

 
Ligne orageuse très active (QLCS) balayant le Nord - Pas de Calais en fin d'après-midi.
 
 

28 mai : épisode orageux virulent sur la France

Plus de 115 000 éclairs sont détectés sur la France lors de cette dégradation orageuse d'ampleur. Chutes de grêle jusqu'à 4 cm de diamètre, rafales de vent supérieures à 90 km/h se produisent sous des structures convectives sévères tels qu'échos en arc et supercellules.
 
 
Macrorafale entre Haute-Loire et Loire le 18 juillet 2015. Toit de la salle polyvalente